Quatre colonnes bleue, jaune, violette et rose pour les profils de revenus, de la plus haute à la plus basse, et trois encadrés pour les conditions, logement de 15 ans et plus, résidence principale, entreprise RGE.

MaPrimeRénov’ 2026 : barèmes, conditions et démarches expliqués

Image d’en-tête. Illustration de la rédaction.

MaPrimeRénov’ reste en 2026 le principal levier d’aide publique pour les particuliers qui rénovent leur logement. Le dispositif a connu plusieurs ajustements depuis sa création en 2020, et l’année 2026 marque une nouvelle étape. Les conditions d’éligibilité ont été précisées, certains gestes ont vu leur barème évoluer, et le parcours administratif a été réorganisé pour fluidifier le traitement des dossiers.

Cet article rassemble les éléments clés à connaître pour comprendre le fonctionnement actuel du dispositif, anticiper le montant auquel vous pouvez prétendre, et déposer un dossier dans les meilleures conditions.

L’essentiel à retenir

  • MaPrimeRénov’ est ouverte à tous les propriétaires occupants ou bailleurs, sous conditions de revenus pour le montant de l’aide.
  • Quatre profils de revenus structurent les barèmes : très modestes (bleu), modestes (jaune), intermédiaires (violet) et supérieurs (rose).
  • Le logement doit avoir été construit depuis au moins quinze ans, délai ramené à deux ans pour une pompe à chaleur air-eau, géothermique ou solarothermique et pour un raccordement à un réseau de chaleur. Il doit constituer une résidence principale, occupée au moins huit mois par an.
  • Le parcours rénovation d’ampleur ajoute une condition d’état du logement. Il ne s’adresse qu’aux logements classés E, F ou G au DPE.
  • Les travaux doivent être réalisés par une entreprise titulaire du label RGE pour ouvrir droit à l’aide.
  • Le dossier se dépose sur maprimerenov.gouv.fr avant la signature du devis, qui n’intervient qu’une fois la prime accordée. Les travaux ne peuvent commencer qu’après l’accusé de réception de l’Anah, sauf urgence sanitaire ou catastrophe naturelle.
  • Pour une rénovation d’ampleur, deux étapes sont obligatoires avant toute demande. Un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov’, qui délivre une attestation de contact indispensable au dossier, puis un accompagnement par un Mon Accompagnateur Rénov’.

Qui peut bénéficier de MaPrimeRénov’ en 2026 ?

Le dispositif s’adresse aux propriétaires d’un logement de plus de quinze ans, qu’ils l’occupent eux-mêmes ou qu’ils le louent. Les copropriétaires peuvent également déposer un dossier individuel pour les travaux relevant de leurs parties privatives — sous réserve des règles d’autorisation détaillées dans notre article sur la rénovation en copropriété. Une variante collective, MaPrimeRénov’ Copropriétés, existe pour les rénovations d’envergure portées par le syndicat.

L’occupation principale du logement par le bénéficiaire ou son locataire est une condition incontournable. Un bien classé en résidence secondaire ou loué de manière saisonnière n’ouvre pas droit à l’aide. Le propriétaire occupant s’engage à habiter le logement pendant au moins trois ans. Le propriétaire bailleur s’engage, lui, à le louer pendant six ans au minimum, à en informer son locataire, et à déduire le montant de la prime des travaux qu’il invoquerait pour réévaluer le loyer.

Le parcours rénovation d’ampleur pose une condition de plus, que l’on oublie souvent. Il ne concerne que les logements classés E, F ou G au DPE. Un appartement déjà classé D n’y a pas droit, quels que soient les revenus du foyer, et relève alors du parcours par geste.

Les quatre profils de revenus

Le montant de l’aide dépend du revenu fiscal de référence du foyer rapporté à la composition familiale et à la zone géographique (Île-de-France ou autres régions). Les couleurs symbolisent les paliers : bleu pour les revenus très modestes, jaune pour les revenus modestes, violet pour les intermédiaires, rose pour les supérieurs. Plus le profil est modeste, plus le taux de prise en charge des travaux est élevé.

Quels travaux sont éligibles ?

La réponse dépend entièrement du parcours, et c’est le point sur lequel les propriétaires se trompent le plus souvent.

Dans le parcours par geste, la liste a été fortement resserrée en métropole. Elle ne retient plus que cinq postes. La pompe à chaleur air-eau, la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec son échangeur souterrain, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid alimenté majoritairement par des énergies renouvelables, la dépose d’une cuve à fioul, et la réalisation d’un audit énergétique hors obligation réglementaire.

Autrement dit, l’isolation seule, le remplacement de fenêtres, la ventilation double flux, la chaudière à granulés et le poêle à bois n’ouvrent plus droit à MaPrimeRénov’ en geste isolé en métropole. Ces travaux restent finançables, mais à l’intérieur d’une rénovation d’ampleur. Les chaudières à gaz, elles, sont sorties du dispositif depuis plusieurs années.

Dans le parcours rénovation d’ampleur, le périmètre est bien plus large puisque c’est le résultat qui compte. Le bouquet de travaux doit faire gagner au moins deux classes au DPE, et l’isolation thermique y retrouve toute sa place aux côtés du chauffage et de la ventilation.

Geste simple ou rénovation d’ampleur ?

Le dispositif distingue deux approches. Le parcours par geste finance un poste unique, pris dans la liste restreinte ci-dessus, sous forme de forfait. Le parcours rénovation d’ampleur finance un ensemble de travaux jugé sur son résultat, un gain d’au moins deux classes au DPE, et l’aide y est calculée en pourcentage de la dépense plutôt qu’en forfait. Le second est nettement plus généreux, et nettement plus exigeant.

Les barèmes de la rénovation d’ampleur

L’aide est calculée en taux de prise en charge sur le montant hors taxes des travaux, et le taux dépend du profil de revenus comme le plafond dépend du gain de classes obtenu.

Gain au DPEBleuJauneVioletRosePlafond de dépenses
2 classes80 %60 %45 %10 %30 000 € HT
3 classes ou plus80 %60 %45 %10 %40 000 € HT
Taux de prise en charge MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur, au 1er septembre 2026.

Un second plafond s’applique ensuite, sur le cumul de toutes les aides. Il est de 100 % du montant TTC des travaux pour un ménage très modeste, 90 % pour un ménage modeste, 80 % pour un ménage intermédiaire et 50 % pour un ménage aux ressources supérieures. Le reste à charge minimal est donc connu d’avance.

Les quatre profils se lisent sur le revenu fiscal de référence de l’année N-1, soit 2025 pour une demande déposée en 2026, rapporté au nombre de personnes du foyer et à la zone. Hors Île-de-France, une personne seule relève du profil bleu jusqu’à 17 363 € et du profil jaune jusqu’à 22 259 €. En Île-de-France, les mêmes seuils sont de 24 031 € et 29 253 €. Les tableaux complets figurent sur la fiche officielle citée en fin d’article.

Comment déposer un dossier ?

Pour une rénovation d’ampleur, le parcours commence avant la plateforme. La première étape obligatoire est un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov’, joignable au 0 808 800 700. À l’issue de l’entretien, le conseiller remet une attestation de contact sans laquelle le dossier ne peut pas être constitué. C’est lui qui oriente ensuite vers un Mon Accompagnateur Rénov’.

Vient alors le choix du professionnel RGE et la demande d’un devis détaillé. Lorsque la qualification RGE est requise, l’entreprise doit avoir effectué une visite préalable du chantier, et la date de cette visite doit figurer sur le devis comme sur la facture. Pour savoir ce qu’il faut y lire, voir notre méthode pour comparer trois devis.

Le dépôt se fait ensuite sur la plateforme nationale maprimerenov.gouv.fr, où vous créez un compte personnel — vous seul pouvez le créer — et joignez les justificatifs demandés, dont l’avis d’imposition.

L’ordre compte. Les travaux ne peuvent commencer qu’après l’accusé de réception de l’Anah, et le devis ne se signe qu’une fois la prime attribuée. L’Anah admet toutefois quelques exceptions, lorsque les travaux répondent à un danger évident pour la santé ou la sécurité, lorsqu’ils réparent les dommages d’une catastrophe naturelle ou technologique, et lorsque la demande suit un audit énergétique ou une mission d’accompagnement déjà réalisés. Le chantier terminé, les factures déclenchent le versement.

Mon Accompagnateur Rénov’

Pour les rénovations d’ampleur, le passage par un Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire. Cet acteur agréé par l’État élabore des scénarios de travaux, compare les solutions techniques, prépare le dossier et suit le chantier jusqu’à la réception.

Son coût est pris en charge selon le profil de revenus. Intégralement pour un ménage très modeste, à 80 % pour un ménage modeste, à 40 % pour un ménage intermédiaire et à 20 % pour un ménage aux ressources supérieures. La prise en charge est plafonnée à 2 000 €, portée à 4 000 € pour un logement indigne ou en situation de précarité énergétique avec des revenus très modestes.

Cumul avec d’autres aides

MaPrimeRénov’ se cumule avec les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d’énergie, l’Éco-PTZ pour financer le reste à charge, certaines aides locales (régions, départements, communes), et la TVA réduite à 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique. La somme cumulée des aides ne peut pas dépasser le coût total des travaux.

Questions fréquentes

Mon logement a moins de quinze ans, puis-je bénéficier de l’aide ?

En règle générale non, le logement doit avoir été construit depuis au moins quinze ans à la date de la notification de la prime. Il existe cependant une exception utile. Ce délai tombe à deux ans dans le parcours par geste lorsque le projet porte sur une pompe à chaleur air-eau, une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec échangeur souterrain, ou un raccordement à un réseau de chaleur ou de froid.

Combien de temps faut-il attendre avant de recevoir l’accord ?

Les délais varient selon la charge des services instructeurs. Comptez en moyenne entre quinze jours et deux mois pour recevoir une réponse sur un dossier complet et sans incohérence.

Que se passe-t-il si l’artisan choisi n’est pas RGE ?

Le dossier est refusé. Le label RGE est obligatoire pour le geste qui fait l’objet de la demande. Vous pouvez en revanche faire intervenir d’autres entreprises non RGE pour des travaux annexes hors périmètre MaPrimeRénov’.

L’aide est-elle versée avant ou après les travaux ?

Le versement intervient après la fin du chantier, sur présentation des factures. Pour les ménages aux revenus modestes, une avance peut être sollicitée pour faciliter le démarrage.

Peut-on déposer plusieurs dossiers pour le même logement ?

Oui, sous réserve que les travaux concernent des gestes différents et que la limite annuelle de cumul ne soit pas dépassée. La règle vise à éviter le saucissonnage artificiel d’un même chantier en plusieurs demandes.


Nos sources

  • MaPrimeRénov’ (MPR) — Service Public, Direction de l’information légale et administrative, fiche vérifiée le 1er septembre 2026. Conditions, barèmes, plafonds de ressources et démarche.
  • maprimerenov.gouv.fr — Agence nationale de l’habitat, dépôt des demandes.
  • France Rénov’ — service public de la rénovation de l’habitat, prise de rendez-vous avec un conseiller.

Article mis à jour le 22 octobre 2026 après vérification des conditions et des barèmes auprès des sources officielles.

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